Connaître le CHU

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Groupe Histoire des Hôpitaux de Rouen : histoire de l'enseignement

 1. Le Collège des Médecins et la Communauté des Chirurgiens
 2. L'Ecole libre d'anatomie et chirurgie
 3. L'Ecole de Cérisculpture
 4. L'Ecole provisoire
 5. L'Ecole secondaire de Médecine
 6. L'Ecole préparatoire
 7. La réorganisation de l'enseignement médical rouennais
 8. De l'Ecole de plein exercice à la Faculté de Médecine et de Pharmacie

Cette rubrique présente l'histoire des différentes écoles de médecine et de pharmacie.

1. Le Collège des Médecins et la Communauté des Chirurgiens

Les traces les plus anciennes que nous connaissons d'un enseignement médical officiel à Rouen datent du XVe siècle. Seul le Collège professait alors officiellement des cours d'anatomie et d'opérations. Sa fondation est surtout caractérisée par un regroupement de médecins, dont Marin Le Pigny aurait été l'un des fondateurs. Le 23 août 1605, le Parlement de Rouen enregistre les statuts de ce Collège. Les médecins enseignent alors l'anatomie, les maladies, les médicaments et les opérations, le droit d'enseigner et les démonstrations anatomiques leur étant exclusivement réservés.

Parallèlement, la Communauté des Chirurgiens ou Confrérie de Saint-Côme et Saint-Damien qui semble  exister depuis le début du XVe siècle, dispense aussi un enseignement non reconnu par les Facultés, correspondant à des démonstrations anatomiques et des cours ponctués par des examens. A partir de 1709, le Collège des Médecins autorise les chirurgiens à dispenser gratuitement et officiellement, à sa place, des cours d'anatomie et d'opérations contre 50 livres par an.

2. L'Ecole libre d'anatomie et chirurgie

Quelques année plus tard, Claude-Nicolas Le Cat bouleverse l'organisation de l'enseignement médical rouennais. Las d'attendre la création d'une véritable école, il ouvre un cours public et gratuit d'anatomie et d'opérations sans demander l'autorisation, celui-ci va rencontrer un immense succès. Il dispense son enseignement à l'étage de la Porte Bouvreuil. Sa popularité est telle qu'il obtient en février 1738, le titre de professeur de la nouvelle école d'anatomie.

A la fin du XVIIIe siècle, l'enseignement médical rouennais est aussi divers que dispersé : la ville organise différents cours sur les accouchements, la chimie appliquée à l'industrie, l'histoire naturelle et la botanique. Le Collège des Médecins enseigne de nouveau depuis 1745 pour s'opposer aux leçons de Le Cat dont l'école prospérera encore avec son gendre Jean-Pierre David.

Pourtant, la Révolution va balayer toutes les structures en place. en 1790, la Constituante décrète qu'il ne sera plus nécessaire de justifier des moindres études pour exercer l'art de guérir. En 1791, Les Collèges de Médecins et Chirurgiens sont interdits et en 1793, la Convention ferme les dernières facultés et écoles de Médecine.

Seul l'enseignement mis en place par Claude-Nicolas Le Cat semble avoir traversé les turbulences de la Révolution, puisqu'on le retrouve à travers Jean-Baptiste Laumonier, professeur public d'anatomie et chirurgie. On dispense alors à Rouen des cours de médecine générale et d'anatomie, et à partir de 1795, de botanique et de pharmacie professés par le docteur Robert. Mais ce n'est qu'en 1807 que le Préfet et la Commission administrative des Hôpitaux président à l'ouverture des cours dont l'existence est plus tolérée que reconnue par la Faculté, malgré sa reconnaissance par le gouvernement consulaire dès 1803. Pourtant, l'Ecole est supprimée en 1809 même si des cours continuent à être donnés officieusement jusqu'en 1821 par Blanche, Flaubert, Hellis, Leudet et Robert.

3. L'Ecole de Cérisculpture

Parallèlement, Jean-Baptiste Laumonier, devenu chirurgien chef de l'Hôtel-Dieu en 1784, met en place un enseignement en reproduisant en cire colorée, des pièces anatomiques avec une précision et une perfection remarquables. Le 29 mai 1806, un décret porte création d'une Ecole de cérisculpture destinée à l'enseignement de l'art des préparations anatomiques modelées en cire. Le 1er janvier 1807 marque son ouverture officielle mais, rapidement déficitaire en nombre d'élèves et en financement, l'Ecole sera supprimée en 1814.

4. L'Ecole provisoire

Afin de réorganiser la formation des futurs médecins et chirurgiens et de jeter les bases d'un véritable enseignement médical, les hôpitaux de Rouen proposent en 1821 de dispenser des cours d'anatomie, physiologie, pathologie externe, accouchements, matière médicale, thérapeutique, pharmacie, clinique interne et externe.

Le 30 novembre, le Conseil Royal de l'Instruction Publique approuve le projet en attendant que la ville se dote d'une école secondaire de Médecine.

L'Ecole compte 24 élèves en mars 1822 mais rapidement, un manque de subventions puis de discipline devient source de problèmes : en 1824, 21 élèves sont renvoyés et le 21 août, le niveau des candidats est si bas que le jury décide de reporter le concours de six mois. Les difficultés s'amoncelant, l'existence même de l'école se trouve menacée en 1826.

5. L'Ecole secondaire de Médecine

Devant tant d'embarras, une Ecole secondaire est créée à Rouen le 21 septembre 1828. Flaubert est nommé directeur. Dès le début, elle peine à se développer. De plus, l'épidémie de choléra de 1832 désorganise totalement l'enseignement médical. Les cours sont bouleversés, les enseignements préfèrant se consacrer aux malades plutôt qu'à leurs élèves.

Du fait d'un manque de moyens et d'organisation, l'Ecole connaît un fort taux d'absentéisme de la part des élèves, suivis par les professeurs qui n'assurent plus leurs cours. Las de demander des réformes sans réponse, Flaubert démissionne le 12 juin 1840.

Le conseil municipal adopte alors le 25 novembre suivant, le principe de transformation de l'établissement en école préparatoire. On y enseignera la chimie et la pharmacie, l'histoire naturelle et la matière médicale, l'anatomie et la physiologie, la clinique et la pathologie internes et externes, l'accouchement et les maladies des femmes et enfants.

6. L'Ecole préparatoire

Le 12 mars 1841, Louis-Philippe crée par ordonnance l'Ecole préparatoire de Médecine et Pharmacie de Rouen. Elle compte 48 étudiants en Médecine et 5 en Pharmacie. Dès sa création, on déplore à nouveau l'éparpillement des différents cours et l'absence d'une bibliothèque ou lieu de travail pour les élèves. La majorité des cours ont lieu rue des Arsins puis dans l'Enclave Sainte-Marie à partir de 1854. Cependant, malgré ces améliorations et la création de nouveaux cours, l'Ecole a du mal à se développer. En 1873, son directeur insiste sur la pénurie de matériel et l'insuffisance des laboratoires.

7. La réorganisation de l'enseignement médical rouennais

Depuis son apparition, l'enseignement médical rouennais a toujours souffert d'un éparpillement de ses cours à travers la ville. Très tôt, la question de leur regroupement a été source de conflits et de désaccords. Déjà en 1895, le Docteur Brunon propose d'installer l'Ecole dans la Haute-Vieille-Tour, alors que M. Leblond, Maire de Rouen, la voit très bien dans le jardin de l'Enclave Saint-Marie. Ces divergences d'opinion se retrouvent dès la fin de la PremIère Guerre Mondiale. Deux projets sont alors en compétition.

Les Docteurs Brunon et Cerné, représentant l'aile majoritaire conservatrice de la Municipalité, souhaitent avant tout conserver les hôpitaux actuels après y avoir effectué quelques réparations puis transférer l'Ecole de Médecine et de Pharmacie au sein de l'Hôtel-Dieu, dans les locaux qui abritent alors le pensionnat militaire. Cet hôpital possède déjà deux laboratoire (anatomie et bactériologie), les travaux seraient peu coûteux et le jardin pourrait être aménagé en jardin botanique, enfin, l'Hôtel-Dieu et l'Ecole partageraient un même espace tout en conservant leur autonomie respective.

La Commission administrative des Hospices civils de Rouen soutient le Docteur Martin qui propose la désaffectation de l'Hôtel-Dieu, impropre à la modernisation, la centralisation de l'Hospice général et la création d'un hôpital hors la ville pour accueillir les vieillards, infirmes et incurables. L'Ecole de Médecine trouverait alors naturellement sa place dans la maternité de l'Hospice général. Dès 1922, le Docteur Martin envisage la transformation de celle-ci en Ecole de plein exercice.

La Société des Médecins et Chirurgiens qui joue le rôle d'arbitre, tranche en faveur de l'Hôtel-Dieu plus à même, selon elle, d'accueillir l'Ecole de Médecine temporairement.

Devant tant d'immobilisme, le Préfet Lallemand et le Comité des Inspecteurs généraux du Ministère de l'Hygiène et de la Prévoyance sociale se déclarent favorables au projet du Docteur Martin. Ce n'est qu'en 1928, avec l'arrivée d'une nouvelle équipe, tant à la Mairie qu'aux Hôpitaux, qu'un plan de réorganisation est approuvé définitivement. On décide rapidement de rénover tous les établissements dépendant des Hospices civils de Rouen et d'installer l'Ecole dans l'Hôtel-Dieu.

8. De l'Ecole de plein exercice à la Faculté de Médecine et de Pharmacie

Le décret tant attendu est signé en mars 1954, faisant de l'Ecole préparatoire de Rouen une Ecole de plein exercice qui prendra l'année suivante le nom d'Ecole Nationale de Médecine et de Pharmacie. Le 26 novembre 1966, un décret la transforme en Faculté mixte de Médecine et de Pharmacie avec effet rétroactif au 1er octobre.

Dépourvue pendant plusieurs années de locaux bien à elle, la nouvelle Faculté profite, à partir de 1980, du cadre agréable du Madrillet à Saint-Etienne-du-Rouvray.

Après de nombreuses années passées à la périphérie de la ville et loin des hôpitaux, la Faculté de Médecine revient à proximité du CHU alliant ainsi sur un même pôle les fonctions de dispense d'enseignements et de soins.

Bibliographie

Ouvrages

  • AVENEL (A.). Le Collège des médecins de Rouen ou documents pour servir à l'histoire des institutions médicales en Normandie. Rouen : A. Péron, 1847, 359p.
  • BRUNON (Raoul). L'avenir de l'école de médecine de Rouen. Histoire de l'école de de médecine et de pharmacie de Rouen : rapport pour monsieur le Maire de Rouen, 1923. Archives municipales de Rouen.
  • HUE (François). La communauté des chirurgiens de Rouen : 1407 - 1791. Rouen : Lestringnant, 1913, 563 p.

Divers

  • Archives municipales de Rouen : dossier 3Q1 : réorganisation hospitalière.