Famille HELOT
Jules Hélot (1814-1873)
"Précurseur dans les mesures d'hygiène"
Originaire de l'Aisne, Jules Hélot fit ses études de médecine à Paris et fut reçu 7ème sur 29 candidats a l'Internat des hôpitaux de Paris, promotion 1839, celle de Claude Bernard, classé 29ème. Attaché au grand chirurgien Récamier, il fut victime d'une "piqûres anatomique". Il vint passer sa convalescence à Rouen dans la famille de sa jeune femme, il s'y fixa.
Nommé aux hôpitaux de Rouen, il est chargé de la maternité de l'Hospice Général. Il y fera œuvre de précurseur par les mesures d'hygiène qu'il y imposa : il fut un temps où l'on passait de la dissection d'un cadavre à un accouchement sans se laver les mains.
En effet, les affectations puerpérales si fréquentes à cette époque, (28 décès pour 100 femmes accouchées), diminuèrent pour n'atteindre que 2%.
Le docteur Hélot devait ce succès à une intelligente réforme hygiènique qui ne passa pas inaperçue, et dès le 25 mars 1862, le ministre de l'Intérieur adressa à tous les préfets la circulaire conservée avec un juste orgueil par la famille Hélot.
Il eut 8 enfants et son fils Paul lui succèdera.
Paul Hélot (1845-1896)
"Sa capacité : L'oto-rhino-laryngologie"
Paul Hélot, fils du docteur Jules Hélot, fit ses études médicales à Paris et fut reçu docteur en 1870. Cette même année, il se maria avec Mlle Cécile Legentil, une rare beauté. Il revient à Rouen et succède à son père comme chirurgien de la Maternité des Hôpitaux. Il occupe la chaire d'accouchement en qualité de professeur suppléant (1973/1879) et préside la Société de Médecine de Rouen.
Il ne se confina pas à l'exercice de son art. Il abordait tous les genres : littérature, hygiène, graphologie, sciences naturelles (apiculture, mœurs des poissons exotiques). Remarquable conférencier, il séduisait et savait s'imposer.
En 1893, il demanda l'honorariat pour se consacrer alors à une spécialité naissante : l'oto-rhino-laryngologie. C'est à Paris près de Lubet Bardon, l'un des tout premiers spécialistes, qu'il fit sa formation. Revenu à Rouen, il renonçait à la médecine générale pour se concentrer à l'ORL. On lui doit plusieurs appareils d'un usage courant : le photophore électrique frontal, ancêtre du miroir Cla, l'acoumètre, précurseur de l'audiomètre électrique, le rhéostat à électrodes, il inventa le principe du chauffe-bain.
Il mourut jeune à l'âge de 50 ans ; il eut 4 enfants : son fils René et son petit-fils Paul seront eux aussi oto-rhino-laryngologistes. Sa fille Marie épousa le docteur Joseph Payenneville…
René Hélot (1875-1940)
"Présidente de la Société de Médecine"
René Hélot, après 2 années d'études à Rouen, partit pour Paris. Vers la fin de ses études, il se spécialise lui aussi en oto-rhino-laryngologie et eut pour seul maître Lubet Barbon, celui de son père, dans la clinique des Grands Augustins.
Après son service militaire, il revient à Rouen et se marie en 1900 ; il épouse Elisabeth Frère. René Hélot fut le fondateur du service d'oto-rhino-laryngologie à l'Hospice Général et en fut le titulaire le 8 décembre 1920.
D'un caractère taciturne, sa vaste érudition cependant, le faisait s'intéresser à des activités très différentes : la botanique, la littérature, les sciences naturelles. Il collectionnait aussi tout ce qui avait rapport à la publicité de son temps. Il publia de nombreux articles, collaborant régulièrement avec les journaux médicaux et à l'histoire de la médecine. Il fut président de la société des bibliophiles normands, étant lui-même l'un des bibliophiles les plus avertis de Rouen.
Grand admirateur de Flaubert, il fit éditer le "Voyage en Egypte de Flaubert" qu'il avait écrit d'après la correspondance de l'écrivain. Il était toujours très rigoureux quant à la présentation d'une édition.
Il créa avec Georges Ruel la Société du Vieux Rouen, à l'origine de l'Art Populaire de Normandie ; auteur d'un important ouvrage sur la Bibliothèque Bleue de Normandie. Il avait également écrit un livre sur la faïence de Rouen. Enfin, sa connaissance des ébénistes rouennais du XVIIIème et de l'art du mobilier, faisait de lui le conseiller de nombreux collectionneurs. Il fut vice-président de la Société des Amis des Monuments Rouennais. Il prit aussi une place importante dans la lutte contre la tuberculose avec le docteur Halipré, il s'occupa du sanatorium de Oissel après avoir crée un préventorium privé à Mesnil-Esnard.
Il prit sa retraite en 1935 et mourut à 64 ans en septembre 1940. Sa maison et une partie de ses collections furent détruites en avril 1944. Son fils Paul Hélot sera un ORL réputé.
Bibliographie
Divers
- Archives Familiales de la Famille Hélot.
- Dossier sur les médecins et chirurgiens de Rouen – Archives départementales de la Seine-Maritime 1XP331.
- VASSARD (Pascal).- La société de médecine de Rouen – Amis des Monuments rouennais.