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Groupe Histoire des Hôpitaux de Rouen

Jean-Baptiste LAUMONIER (1749-1818)

"Chirurgien, anatomiste distingué"

Une jeunesse heureuse

Le 30 juillet 1749, naît sur la paroisse Saint-Germain de Lisieux, Jean-Baptiste Nicolas René Laumonier. Ses parents étant laboureurs et fermiers des moulins de la ville, il jouit d'une certaine aisance qui facilitera ses études.

Après avoir été reçu maître ès arts de la Faculté de Paris en 1772, il revient exercer dans sa ville natale en qualité de maître en chirurgie. Trois ans plus tard, le 23 janvier 1775, il épouse Marie-Anne Sainte Thouret.

Sa formation et son retour en Normandie

En 1780, Laumonier quitte la Normandie pour s'installer à Metz où il est nommé chirurgien en second de l'hôpital militaire. Il fait alors preuve de grandes qualités d'anatomiste par ses démonstrations sur le système vasculaire lymphatique par injections. Il remplace même son chef, Robillard, pendant les trois ans durant lesquels celui-ci sert dans l'armée de Rochambeau en Amérique.

En 1784, quand Jean-Pierre David meurt, la place de chirurgien chef de l'Hôtel-Dieu de Rouen devient vacante. Face à une douzaine de candidats, Laumonier remporte le concours et se trouve désigné le 7 janvier 1785. Il est également nommé démonstrateur royal d'anatomie et de chirurgie ainsi que lithotomiste.

Farouchement opposé à Rouelle, médecin chef de l'Hôtel-Dieu, Laumonier sera plus connu pour ses positions politiques lors de la Révolution Française. Accueillant avec joie les idées nouvelles de 1789, sa parenté avec Thouret le rend pourtant suspect. Inquiété de nombreuses fois, il sortira tout de même indemne de la Révolution.

L'Ecole de Cérisculpture

Grâce à sa notoriété, un décret du Comité d'Instruction publique en date du 6 ventôse an III le charge de poursuivre ses travaux anatomiques et de préparer une suite de pièces artificielles complètes sur le systèmes des nerfs et sur celui des vaisseaux lymphatiques. Il est alors reconnu le maître de la céroplastie, surpassant même l'Italie.

Le 29 mai 1806, un décret impérial prévoit l'ouverture d'une Ecole d'anatomie artificielle à Rouen, à compter du 1er janvier suivant, sous la direction de Laumonier. Chargée de réaliser des pièces anatomiques pour les écoles de Médecine, le Muséum d'Histoire naturelle, les principaux hôpitaux civils et militaires et les établissements d'instruction publique, l'Ecole semble toutefois avoir fonctionné avec un effectif toujours incomplet, et sera finalement supprimée en 1814.

Un homme cultivé

En 1815, âgé de 66ans et après plusieurs attaques d'apoplexie, Laumonier met un terme à ses activités et de fait remplacer par son meilleur élève. Achille-Cléophas Flaubert. Membre de l'Académie des Sciences, Belles lettres et Arts de Rouen, vice-président puis président de la Société d'Emulation de la Seine-Inférieure, Laumonier meurt le 10 janvier 1818 au matin, de nombreuses personnalités assisterons à ses funérailles.

Bibliographie

Ouvrages

  • DELABOST (Merry). - Souvenirs épars. - Rouen : Cagniard, 1911. – 44 p.

Revues

  • HOSSARD (Jean). – Rouen, capital de la céroplastie médicale (in) La tribune médicale – N°269- 24 septembre 1988 – P.60.61.

Thèses

  • KERAMBRUN (Ronan). – Les modèles de cire dans l'enseignement de l'anatomie : Jean-Baptiste Laumonier (1749-1818) et l'école rouennaise de cérisculpture. – Thèse de doctorat en médecine : Faculté de Caen, 1990.