Connaître le CHU

Connaître le CHU

Groupe Histoire des Hôpitaux de Rouen

Charles Nicolle (1866-1936)

"Prix Nobel de médecine et Professeur au collège de France"

Le retour à Rouen

Ancien interne des Hôpitaux de Paris et ancien élève de l'Institut Pasteur.

Charles Nicolle revient à Rouen, sa ville natale, rêvant d'y créer un centre moderne d'études médicales et de recherches de laboratoire. Il se promettait de "travailler toute son existence" avec ses plus fervents amis : Albert Martin, André Halipré, Pierre Derocque, Albert Gascard, Paul Petit, René Helot.

En novembre 1893, il est nommé professeur suppléant de l'Ecole de médecine.

En mars 1894, médecin adjoint des Hôpitaux (titularisé en 1900).

En février 1895, chef du Laboratoire de Bactériologie et de Sérothérapie (que l'Ecole de Médecine accepte de lui confier 48, rue Stanislas-Girardin).

Le Chef d'Ecole

Dès lors il développe une activité inlassable tant dans la pratique de laboratoire toute nouvelle venue, que dans ses premières recherches personnelles et surtout l'enseignement de la bactériologie. Sa première implication décisive est la préparation à Rouen du Sérum antidiphtérique (janvier 1895). Mais ses travaux de laboratoire et ses campagnes publiques concernent aussi l'épidémiologie et le Sérodiagnostic de la Typhoïde (1896), la prophylaxie des maladies vénériennes et celle de la Tuberculose.

En 1899, il milite âprement, avec Halipré et Cotoni, pour la création du Sanatorium d'Oissel.

Il est l'auteur de plus de 90 publications diverses, parues notamment dans la "Revue Médicale de Normandie" qu'il fonde en 1900 avec ses plus proches collègues rouennais et havrais.

Simultanément, il "concentre toute son énergie" sur l'Enseignement de la Microbiologie : "petits cours" et surtout "Cours libre", théorique et pratique, en 40 leçons, qui obtint un immense succès et attira même des médecins étrangers. Soit au total 354 leçons et 274 élèves !

Le départ pour Tunis et l'héritage moral

Mais la fécondité de ces "huit années d'ingrat labeur" avait pour prix une lutte continuelle avec le directeur de l'Ecole de Médecine. Incertain de sa prorogation de professeur suppléant, voire de chef de Laboratoire, il donne, non sans amertume, sa démission en novembre 1902 pour succéder à Adrien Loir à la direction de l'Institut Pasteur de Tunis. Il y obtiendra le Prix Osiris en 1927, le Prix Nobel de Médecine en 1928 pour sa découverte de la transmission du typhus exanthématique par le pou, et une chaire au Collège de France en 1932.

Jamais toutefois ses liens avec Rouen ne furent rompus. Ses efforts rouennais ont été poursuivis par Joseph Payenneville à l'Hôpital et Maurice Guerbet au Laboratoire.

Il reste pour les Rouennais un "maître d'enthousiasme", et comme le notait Jacques Petit en 1926 : "L'Ecole de Médecine peut le regretter, elle en reste fière".

Bibliographie

Ouvrages

  • HUEBER (J.J.). – Entretien d'humanistes : correspondance de Charles Nicolle et Georges Duhamel : 1922-1936. – Rouen : Société de l'histoire de Normandie, 1995. – 420p.
  • HUET (Maurice). – Le pommier et l'olivier : Charles Nicolle, une biographie (1866-1936). – Paris : Sauramps médical, 1995. – 243p.
    Divers
  • DEBRAY (Jacques). – Charles Nicolle "enfant de Rouen, médecin, savant et écrivain". – Connaître Rouen. – VI. – (disponible au centre de documentation administrative du CHU de Rouen)
  • Catalogue de l'exposition Charles Nicolle – 8,9,10 septembre 1994 (disponible au centre de documentation administrative du CHU de Rouen)
  • Archives départementales de la Seine-Maritime – Liasse 146J1 à 146J108