Santé et soins : conflits de valeurs ?
La prise en charge de patient amène souvent les professionnels de santé et du travail social à devoir analyser les situations de soins et parfois prendre des décisions en référence à l’intérêt du patient, valeur déontologique de référence.
Toutefois cette valeur dominante est souvent contrebalancé par d’autres valeurs également légitimes : notamment l’intérêt de l’entourage familial, professionnel ou domestique, celui des autres patients, celui des professionnels de santé, celui de la société
Dans ce nouveau cycle 2007-8, ce sont ces divergences, ces incohérences voire ces incompatibilités qui seront plus particulièrement explorées en croisant les regards de professionnels et du philosophe.
Mardi 4 mars 2008 - 17h
Peut-on faire de bons choix dans l’urgence ?
Qu'il s'agisse de nouveaux-nés prématurés, de patients accidentés ou présentant une affection grave, la médecine a réalisé des progrès spectaculaires, permettant de sauver des malades dont le cas aurait encore paru désespéré dans les années 60. L’augmentation spectaculaire de l’espérance de vie depuis 1950 résume ces résultats remarquables : Mais pour quelle santé ? Dans le même temps, nous sommes de plus en plus sensibles à d’autres dimension de la santé que la durée de la vie : il est question d’autonomie, de santé subjective, de qualité de vie, pour ne pas parler de bien-être… Le « pari » de soins parfois urgents est que ceux-ci, si « invasifs » et coûteux soient-ils, peuvent aboutir à une contrepartie ultérieure favorable, en terme de meilleure santé.
On sait qu’on ne revient jamais à ses anciennes « normes » de vie quand la maladie a été lourde; et on ne peut pas toujours espérer une existence « normale » si les premières semaines de vie d’un nouveau-né réanimé ont été difficiles. Mais comment décider des soins permettant qu'un nouveau né continue à vivre, compte-tenu d’un risque de handicap ultérieur lourd et définitif ? Vivre à tout prix, faire vivre à tout prix, n'est certes pas sans valeur éthique ; mais on ne peut guère éviter de mettre en « balance » ce bénéfice avec les possibles difficultés à vivre qui peuvent en résulter pour des personnes qui n’ont pas explicitement sollicité ces soins.
Cette conférence cherchera donc à peser les différentes composantes de ce choix immédiat pour un résultat différé en s’appuyant sur la situation exemplaire des nouveaux-nés.
Mardi 1er avril 2008 - 17h
Soins et recherche sont-ils compatibles ?
17h – Amphitéâtre Dévé – 8ème étage, bâtiment principal
La prise en charge des patients, d’une part, et la production de nouvelles connaissances scientifiques, d’autre part, sont deux activités souvent concomitantes, en particulier dans les Centres Hospitaliers et Universitaires ou les Centres de Lutte Contre le Cancer.,
La première activité met en valeur la singularité des patients, et cherche à y répondre de façon personnalisée, même si le respect des référentiels de soins implique une certaine standardisation.
La seconde activité vise au contraire à l’universalité, et cherche la représentativité des personnes inclues dans les protocoles, plus que l’attention portée à la personne.
Pourtant c’est bien la recherche qui nourrit les soins et les fait progresser : la compatibilité de ces deux logiques est donc impérieuse ; en outre le patient est devenu un sujet éclairé de la recherche qui le concerne ; il doit y consentir de façon explicite.
Cette conférence cherchera à relever les difficultés de cette cohabitation dans les établissements de santé, les principes pris en compte, les solutions recherchées.
Lundi 26 mai 2008
Technique, médecine et soins : réflexions d'un philosophe.
Jean-Yves Goffi - Directeur adjoint du Département de philosophie à l'Université Pierre Mendès France de Grenoble.