Santé Voyages - la turista informations détaillées
extrait et inspiré de "VaccinAction : visa pour ... la diarrhée du voyageur : aspects actuels et perspectives". Dr Patrice Bourée - n°8/1997.
1. Définition :
La diarrhée du voyageur est défini par la survenue de plus de 3 selles non moulées par jour associée à un ou plusieurs des symptômes suivant : malaises, douleurs abdominales, nausées, vomissements, plus rarement une dysenterie caractérisée des selles glairo-sanglantes.
Plusieurs facteurs font varier l'incidence de la tourista : jeune âge, appartenance à une classe sociale aisée du voyageur, modification des habitudes alimentaires, voyage au contact des populations visitées, antécédents de pathologie digestive, et surtout région visitée sont susceptible d'augmenter la fréquence de ce syndrome. L’Amérique latine, l’Afrique et Asie du sud-est sont des zones à haut risque.
2. Les diverses appellations
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Bali bali |
Danse aztèque |
San Francisquite |
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Boyaux d’Aden |
Djerblenne |
Squitter |
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Casablanca Crud |
Flux coeliaque |
Toilette de Hong Kong |
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Complainte de l’été |
Gallop grec |
Toilette de Malte |
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Course de Rangoon |
Gastro-entérale emporiatrique |
Tourista |
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Course de Rome |
Gl’s |
Troskyste |
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Course de Tokyo |
Maladie de la Mer rouge |
Ventre de bassa |
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Course du touriste |
Maladie des Canaries |
Ventre de Delhi |
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Course de Turquie |
Passion |
Ventre égyptien |
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Course du voyageur |
Poonah pooh |
Zermatite |
3. Les principaux symptômes
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Douleurs abdominales |
68-73 % |
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Fièvre |
7-76 % |
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Nausées |
46-65 % |
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Vomissements |
8-29 % |
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Myalgies, arthralgies |
23-25 % |
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Céphalées |
21-39 % |
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Asthénie |
12-74 % |
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Frissons |
29-52 % |
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Anorexie |
46-53 % |
4. Les germes les plus souvent en cause
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Escherichia coli |
40 % |
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Shigelles |
15 % |
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Salmonelles |
7-10 % |
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Campylobacter |
3 % |
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Virus* |
10 % |
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Giardia intestinalis |
3 % |
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Entamoeba histolytica |
1 % |
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Pas de germe retrouvé |
22 % |
*les virus : rotavirus, adénovirus, astrovirus, entérovirus, virus de Norwalk
5. La physiopathologie
La pathogénicité varie selon les germes en cause. Elle peut être due :
à leur pénétration dans la muqueuse digestive (E. coli entéro-invasif, shigelles, salmonelles), ce qui provoque une diarrhée invasive ;
à l’émission d’une toxine (vibrion cholérique, ETEC) qui se fixe à la surface des villosités, stimule la production d’AMP cyclique et entraîne une perturbation hydroélectrolytique.
La distinction entre les deux phénomènes n’est pas toujours aussi tranchée. Les examens complémentaires pour rechercher une étiologie ne sont justifiés que si les troubles persistent malgré un traitement symptomatique.
6. Le traitement et la prophylaxie
Il repose d'abord sur la réhydratation, surtout en cas de diarrhée abondante et durable plus ou moins associée à des vomissements. Une boisson équilibrée avec une alimentation riche en sucre suffisent. Le traitement infectieux repose sur les antiseptiques intestinaux (type nifuroxazide), suivis si les troubles persistent d'antidiarrhéïques ralentisseurs du transit ou inhibiteurs de l'enképhalinase (type lopéramide, acétorphan). Enfin les antibiotiques de la famille des quinolones représentent le meilleur traitement en cas de trouble sévère, à forte dose pendant un durée courte de 1 à 3 jours. Toutefois une résistance de certains Campylobacter existe en Asie du Sud-Est. Il faut rappeler les possibles accidents de phototoxicité (interaction avec le soleil , allant jusqu'à des brûlures aux deuxième degré) et la contre indication aux enfants et femmes enceintes.
La prophylaxie consiste surtout à surveiller son alimentation : peler les fruits, éviter les crudités, cuire les aliments à plus de 65°C, ne boire que des boissons encapsulées. De nombreux essais de chimioprophylaxie ont donné des résultats satisfaisants, mais les effets secondaires possibles de ces produits n'encouragent pas leur prise (voir tableau). Le nifuroxazide a apporté un certain confort, sans risque d'effets secondaires, mais rend les examens diagnostiques (par culture de selle) difficiles en cas d'échec.
| Produit |
Posologie |
Inconvénients |
| Erythromycine |
1g/j |
antibiotique diffusible apparition de résistance |
| Doxycycline |
100 mg/j |
| Doxycycline |
200 mg/semaine |
| Sulfaméthoxazole-triméthoprime |
160-800 mg/j |
apparition de résistance et intolérance cutanée |
| Triméthoprime (seul) |
200 mg/j |
| Bismuth |
240 mg/j |
doses élevées, 4 prises quotidiennes produit retiré du marché |
| Clioquinol |
doses variables |
risque de neuro-myélopathie avec névrite optique (SMON) |
| Ciprofloxacine |
500 mg/j |
gastralgies rash cutané |
| Norfloxacine |
400 mg/j |
| Ofloxacine |
300 mg/j |
Dans le futur, l'idéal serait un vaccin contre les principaux germes. Rappelons que parmi les causes de diarrhées se trouvent :
- l'hépatite A,
- la typhoïde contre lesquelles des vaccins sont disponibles.
- Le choléra qui fait l'objet de nombreuses recherches pour produire un vaccin efficace, durable et pas cher (pour être utilisable dans les "pays pauvres").
- Pour l'ETEC (Escherichia coli entérotoxinogène) qui est l'agent le plus fréquemment en cause dans la tourista des travaux récents ont donné des résultats prometteurs, d'autant plus qu'il existe une similitude entre la toxine du choléra et la toxine thermolabile d'ETEC ce qui laisse entrevoir qu'un seul vaccin suffirait à immuniser contre ces deux germes.
- Les shigelles qui ont déjà fait l'objet d'un essai en 1960, et plus récemment d'un vaccin combiné contre les Salmonelles et Shigelles.
La diarrhée du voyageur est un problème majeur des touristes et des résidents en pays tropical. Fort heureusement, cette affection plus gênante que grave est habituellement labile et bénigne, mais elle peut parfois persister assez longtemps. La réhydratation en est le traitement principal et la prophylaxie repose essentiellement sur l'hygiène alimentaire.
extrait et inspiré de "VaccinAction : visa pour ... la diarrhée du voyageur: aspects actuels et perspectives". Dr Patrice Bourée - n°8/1997