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La kinésithérapie respiratoire

 1. Le désencombrement ou " toilette bronchique"
 2. Sauvegarder voire améliorer la fonction respiratoire
 3. Entretien l’appareil locomoteur
           A - La marche
           B - Les escaliers
           C - Les efforts de la vie quotidienne
 4. Repérer les signes avant-coureurs d’une éventuelle aggravation
 5. A qui s’adresser ?
 6. Principes thérapeutiques


La kinésithérapie est la plus ancienne des thérapeutiques de réadaptation des maladies pulmonaires.

Dès le début du 20ème siècle, elle a connu ses premiers succès avec :

  • le drainage des sécrétions bronchiques,
  • l’entretien de la mobilité diaphragmatique et costale,
  • le renforcement des muscles

Ce n’est que depuis une trentaine d’années que ses indications se sont élargies aux maladies pulmonaires chroniques d’origine obstructive, par la rééducation de la respiration elle-même :

  • augmentation de la mobilité du diaphragme,
  • respiration à " lèvres pincées " qui diminue (ceci est assez fréquent chez les emphysémateux),
  • correction du rythme de la ventilation, avec baisse de la fréquence des mouvements respiratoires et régularisation du rythme,
  • entraînement des muscles respiratoires contre résistance,
    entraînement des muscles dits : " squelettiques " (bras et jambes) : c’est la rééducation à l’effort.

La kinésithérapie respiratoire donne des résultats appréciables en quelques mois :

  • stabilisation de l’état général et respiratoire,
  • arrêt de la dégradation de la capacité fonctionnelle respiratoire, voire discrète amélioration,
  • amélioration des capacités d’effort.

 

Ce qu’il faut savoir :

Pour obtenir ces résultats, certaines conditions sont nécessaires :

  • Arrêt impératif du tabac, correction des surcharges pondérales ou des dénutritions.
  • Kinésithérapie respiratoire réalisée avec un kinésithérapeute habitué aux techniques respiratoires et une surveillance régulière par un pneumologue.
  • Bilan de la fonction respiratoire, avant, pendant et après le programme de rééducation (spirométrie et gaz du sang).
  • Rééducation poursuivie pendant plusieurs mois et reprise quelques semaines par an et à chaque aggravation de l’état respiratoire.

La kinésithérapie respiratoire permet de :

  • participer aux soins en diminuant l'encombrement bronchique, en facilitant l'expectoration et en vous aidant à mieux respirer ;
  • sauvegarder voire améliorer la fonction respiratoire ;
  • entretenir l'appareil locomoteur ;
  • repérer les signes avant-coureurs d'une éventuelle aggravation.

La kinésithérapie respiratoire est prescrite par votre médecin-traitant et réalisée par un kinésithérapeute. Celui-ci vous indiquera ce que vous pouvez faire seul et arriver ainsi à la plus grande autonomie possible.

1. Le désencombrement ou " TOILETTE BRONCHIQUE "

Son but est de libérer les bronches des sécrétions qui empêchent l'air extérieur d'arriver aux poumons.

Pour ce faire, vous devez commencer par trouver la position qui convient le mieux car votre insuffisance respiratoire ne vous permet pas les plans inclinés tête en bas, et parfois même la position allongée.

Restez debout si nécessaire mais les positions assises ou demi-assises sont souvent préférables. Votre kinésithérapeute vous aidera à trouver la position la mieux adaptée.

Si de l'oxygène vous est prescrit pour ces exercices, vérifiez que votre sonde ou vos lunettes à oxygène sont bien mises !

Ce qu'il faut faire :

Une fois bien installé, respirez de manière ample plusieurs fois de suite et soufflez d'un coup sec ! vos sécrétions remonteront, et vous pourrez les expulser.

Ce souffle bref, s'il est effectué correctement peut vous éviter de tousser ou ne le faire qu'au dernier moment pour cracher.

Ne vous fatiguez pas à tousser si vous ne crachez pas ! La toux ne doit être utilisée que si elle est efficace et productive. En cas de toux fatigante, non productive, inspirez à fond par le nez, expirez vigoureusement en bloquant l’expiration pendant 5 à 10 secondes puis expirez lentement les lèvres serrées.

  • Si l'encombrement est plus profond, vous renouvellerez ces mouvements respiratoires amples plus longtemps, de façon à mobiliser les mucosités et les faire progresser peu à peu vers les grosses bronches et la trachéotomie afin de faciliter leur expulsion.
  • Si des difficultés persistent, votre kinésithérapeute peut vous aider par l'appui de ses mains sur votre thorax et votre abdomen, augmentant ainsi le débit d'air pour propulser les sécrétions. Il facilite vos exercices et soulage votre musculature. Si cet appui se révèle insuffisant des vibrations manuelles lui seront ajoutées pendant l'expiration.

Ces vibrations transmises aux poumons mobilisent les sécrétions beaucoup plus facilement.

Avec de l'entraînement et l'aide de votre kinésithérapeute vous devez devenir capable d'assurer vous-même la toilette bronchique qui vous est nécessaire.

Observez vos crachats

Lorsque vous crachez, utilisez de préférence un crachoir ou un mouchoir en papier de couleur blanche. Cela vous permettra de repérer et donc de contrôler la coloration de vos sécrétions.

Si celles-ci sont trop épaisses et en l'absence de contre-indications médicales, vous devez boire plus d'eau de façon à mieux vous hydrater. Vos sécrétions seront alors plus fluides et plus faciles à expectorer.

Songez également à humidifier l'air que vous respirez (humidificateur d'ambiance, aérosols,...).

Attention !
Si vos observez des modifications importantes dans vos sécrétions (quantité, couleur, épaisseur...), n'attendez pas pour en parler à votre médecin !

2. Sauvegarder voire améliorer la fonction respiratoire

Votre difficulté à respirer entraîne des modifications, quant à votre façon de respirer : mouvements limités, respiration avec le haut de la cage thoracique....

 

Ce qu’il faut savoir :

Pour être efficace, la respiration nécessite :

  • une inspiration nasale ample,

  • une expiration buccale lèvres serrées lente,

  • des bronches débarrassées des sécrétions,

  • une bonne musculation abdominale, (une contraction efficace du diaphragme),

  • un échange entre alvéole et sang.

Vous devez réapprendre à respirer !

Votre kinésithérapeute facilitera ce réapprentissage en vous apprenant les mouvements appropriés et, en particulier, ceux d'une respiration efficace et la moins fatigante possible.

Comment respirer ?

Ce qu’il faut savoir :

  • l'inspiration consiste à faire entrer l'air enrichi d'oxygène dans vos poumons.
    Quand vous inspirez, le ventre se gonfle ainsi que le thorax. Les côtes s'écartent, le diaphragme se contracte.
    C'est le temps actif de la respiration.

  • l'expiration chasse le gaz carbonique du corps. Vous soufflez lentement en vous relâchant. Le ventre se creuse, les côtes se resserrent, le diaphragme remonte.
    C'est la phase passive de la respiration.

Le mouvement de va-et-vient du diaphragme et de l'abdomen est indispensable pour une bonne respiration, et le but de la kinésithérapie respiratoire est de vous aider à l'amplifier.

Attention !

Cet exercice doit être réalisé lentement, sans fatigue et de façon répétée.

  • vous devez prendre conscience de ce nouveau mode de respiration afin de "l'automatiser" aussi bien au repos, (position assise, semi-assise ou debout) qu'au cours de vos efforts (marche, toilette, escaliers...)
  • votre kinésithérapeute peut vous indiquer des changements de positions qui vous permettront si nécessaire de ventiler et faire travailler un poumon ou des muscles ventilatoires spécifiques.
  • l'oxygène peut vous être prescrit durant ces exercices afin de vous aider dans vos efforts. Ne l'oubliez pas et vérifiez que le débit est conforme à la prescription médicale.
     

3. Entretien de l'appareil locomoteur

Votre handicap respiratoire vous amène à utiliser vos muscles le plus souvent au maximum de leur possibilité. Ne les fatiguez pas inutilement ! N'oubliez pas de coordonner votre respiration avec l'effort demandé.

Ce qu'il faut faire :

A - La marche

Commencer par marcher peu de temps en terrain plat (avec oxygène si nécessaire). Repérez bien jusqu'où vous pouvez aller avant de vous sentir essoufflé. Marchez à votre rythme, que vous adapterez par la suite suivant la pente, en coordonnant l’inspiration avec le ventre qui se gonfle et l’expiration avec le ventre qui se creuse.

Votre kinésithérapeute vous aidera à trouver le rythme qui vous convient, c'est à dire le nombre de pas à faire pendant l'inspiration et l'expiration. (Exemple : 2 pas en inspirant et 4 en expirant).

Attention !

Restez bien détendu. Ne faites pas de mouvement inutiles et évitez de porter des charges lourdes. (Mettez, par exemple, votre oxygène de déambulation sur un caddie).

Vous devez progressivement essayer d'allonger votre périmètre de marche en respectant une certaine progression dans l'effort.

Essayez de vous fixer un but raisonnable à atteindre mais ne forcez pas ! Arrêtez-vous aussi souvent que vous le jugez nécessaire. Vous observerez petit à petit avec satisfaction une augmentation de votre autonomie de marche.

B - Les escaliers

Monter un escalier vous demande un effort important. Rappelez-vous de bien coordonner votre respiration sur l'effort !

Expirez par la bouche quand vous montez sur la première marche puis inspirez par le nez quand vous passez sur la marche supérieure.

Attention !
Recherchez avec l'aide de votre kinésithérapeute le rythme qui vous convient le mieux (3/1, 4/2, 2/1...).

C - Les efforts de la vie quotidienne

Gardez à l'esprit que vous devez expirer pendant les efforts même si ceux-ci ne représentent pas de grosses difficultés.

Par exemple, soufflez et rentrez le ventre quand vous tenez un objet relativement lourd, quand vous changez de position (assis-debout, allongé-assis...).

Ce qu’il faut savoir :

  • C'est votre kinésithérapeute qui mettra au point les séries d'exercices les mieux adaptés en fonction de votre état de santé et de vos capacités

  • Ne jamais dépasser vos possibilités,

  • Ne pas porter de charges lourdes,

  • Ne pas faire d'efforts violents longtemps,

  • Ne jamais faire d'effort sans respirer correctement,

  • Se ménager des temps de récupération après ou pendant les efforts,

  • Eviter de réaliser des travaux en milieu empoussiéré ou en utilisant des produits volatiles toxiques (produits d’entretien, certaines peintures...).

 

4. Repérer les signes avant-coureurs d'une éventuelle aggravation

La kinésithérapie peut vous apprendre à repérer les signes qui doivent vous inciter à contacter le plus rapidement possible votre médecin traitant :

  • cyanose
  • oedème
  • dyspnée (essoufflement important et anormal)
  • hypersécrétion (quantité et couleur des crachats)
  • fièvre.

5. A qui s'adresser ?

Votre médecin-traitant prescrit en fonction de votre état de santé les séances de kinésithérapie.

Il peut vous indiquer le cas échéant un kinésithérapeute habitué à ce genre de rééducation. Vous pouvez également vous adresser :

  • soit à votre association régionale,
  • soit à votre caisse d'assurance maladie.

Ce qu’il faut savoir :

  • Vous avez le libre choix de votre kinésithérapeute.

  • Les séances de kinésithérapie peuvent se faire :

    • soit au cabinet du praticien,

    • soit à votre domicile (si vous ne pouvez pas vous déplacer).

  • Il est préférable de contacter un kinésithérapeute proche de votre domicile pour pouvoir facilement vous rendre à son cabinet.

  • Tous les kinésithérapeutes diplômés d'Etat ont été formés à la kinésithérapie respiratoire, mais certains d'entre-eux ont suivi une formation complémentaire spécialisée dans ce domaine.

6. La prise en charge des actes de kinésithérapie

Ils sont prescrits soit par votre médecin spécialiste, soit par votre médecin de famille.

Ils sont pris en charge par votre Caisse d'Assurance-Maladie après accord du Médecin-Conseil et en application des réglementations en vigueur (cf. guide social).

Ce qu'il faut faire :

  • Faire établir la prescription médicale par votre médecin, il précisera le type de kinésithérapie, le lieu (domicile ou le cabinet du kinésithérapeute) et le caractère urgent de la prescription qui permet de commencer immédiatement le traitement.
  • Demander au kinésithérapeute de remplir et d'envoyer à votre Caisse d'Assurance Maladie la demande d'entente préalable, sur laquelle figureront le nombre et la cotation des actes à effectuer.

Ce qu’il faut savoir :

  • La prescription et la demande d'entente préalable sont adressées au contrôle médical de votre caisse d'assurance maladie.

  • C'est le Médecin-Conseil qui doit donner son avis :

    • s'il y a accord, vous serez remboursé,

    • s'il y a refus, vous ne pourrez pas être remboursé. Il faudra alors en reparler avec votre Médecin-Prescripteur.

  • La réponse de la Caisse doit vous être adressée dans les 10 jours suivant l'envoi de votre demande, le cachet de la poste faisant foi. Faute de réponse dans ce délai ð l'accord de la caisse est réputé acquis.

  • En cas d'urgence, votre kinésithérapeute peut commencer les actes. Il faut néanmoins accomplir les formalités décrites ci-dessus et faire porter la mention "urgence" sur la prescription médicale et la demande d'entente préalable.

  • Vous avez la possibilité de demander, dans certains cas, à votre kinésithérapeute de bénéficier du "tiers payant" (cf. guide social) ce qui vous évitera de faire l'avance des frais.