1. Les principes thérapeutiques
A - Vous êtes bronchitique chronique ou emphysémateux
B - Votre insuffisance respiratoire est secondaire
2. Les moyens thérapeutiques
3. Recommandations
Les médicaments peuvent être utiles à tous les stades de l'insuffisance respiratoire.
Leurs buts sont multiples :
- soulager la dyspnée (l'essoufflement),
- améliorer la tolérance aux efforts de la vie quotidienne,
- diminuer la fréquence des épisodes infectieux,
- prévenir les décompensations respiratoires, traiter l'insuffisance cardiaque, secondaire à l'hypoxémie.
Pour votre pathologie : Quels médicaments ?
1. Principes thérapeutiques
Les buts et les moyens thérapeutiques sont différents suivant l’origine de votre Insuffisance Respiratoire.
A - Vous êtes bronchitique chronique ou emphy-sémateux
Vous avez une insuffisance respiratoire chro-nique de type obstructif.
Aucun traitement ne peut vous améliorer si vous continuez à fumer ! un arrêt définitif du tabac est indispensable ! Des traitements peuvent vous aider à arrêter de fumer, parlez-en à votre médecin.
- Pour lutter contre les spasmes bronchiques et la fatigue des muscles respiratoires, il pourra vous être prescrit des bronchodilatateurs.
- Pour lutter contre l'encombrement bronchique, il pourra vous être recommandé :
- le respect de la toux,
- la kinésithérapie respiratoire,
- des fluidifiants bronchiques, des anti-inflam-matoires,
l'humidification de l'atmosphère.
- Pour prévenir des infections : vaccinations, médications préventives anti-infectieuses, et en cas d'infection, des antibiotiques pour les combattre rapidement.
- Pour traiter l'hypoxie : oxygénothérapie au long cours et/ou almitrine.
- Pour la rééducation aux efforts de la vie courante : réadaptation à l'exercice physique, kinésithérapie respiratoire.
B - Votre insuffisance respiratoire est secondaire à :
- une cyphoscoliose (déformation thoracique),
- une pathologie neuromusculaire (myopathie),
- des séquelles de tuberculose,
- une maladie de la plèvre,
- une maladie professionnelle (silicose...).
Vous avez une insuffisance respiratoire chronique de type restrictif.
Le traitement médical a peu d’effets : en état stable, l'appareillage pour la ventilation assistée est suffisant la plupart du temps. En cas de complications, infection, encombrement persistant, vous aurez besoin de médicaments. Vous pouvez en cas de douleurs dorsales secondaires à la déformation de la colonne vertébrale, avoir recours à des antalgiques (médicaments contre la douleur) et/ou à la kinésithérapie.
Attention !
- lors de difficultés ventilatoires, vous devez rapidement appeler votre médecin, car dans votre cas, la décompensation respiratoire peut évoluer rapidement.
- Vous êtes sujet comme les bronchitiques à des infections bronchiques ou pulmonaires. Si tel est le cas, votre traitement se rapprochera de celui des autres malades.
2. Les moyens thérapeutiques
Il existe plusieurs familles de médicaments aux actions différentes, mais qui peuvent être complémentaires. Ce sont :
- Les bronchodilatateurs. Ils agissent en augmentant le diamètre des bronches, ils soulagent partiellement la dyspnée et l'intolérance à l'exercice physique de certains patients. Ils facilitent pour certains patients le drainage des bronches non seulement par leur élargissement, mais aussi en favorisant la remontée des sécrétions bronchiques grâce à une action sur les mouvements des cils vibratiles qui tapissent la muqueuse bronchique.
- Les théophyllines sont prescrits par la bouche. Ils peuvent parfois entraîner des nausées, des vomissements, de l’insomnie, une accélération du rythme cardiaque (dans ce cas prévenez votre médecin).
- Les adrénergiques, appelés aussi Beta sympatho-mimétiques) sont surtout utilisés par voie respiratoire (sprays, aérosols en nébulisation, poudres inhalées). Certains produits agissent très vite rapidement et servent à calmer une crise de dyspnée, pour une durée de 3 à 4 heures. D’autres agissent moins vite mais plus longtemps. Ils sont plutôt utilisés pour prévenir le bronchospasme.
- Les Atropiniques (Atrovent, Tersigat et autres) peuvent être prescrits par aérosol-doseur et aérosol en nébulisations. Ils peuvent entraîner une sécheresse de la bouche. Leur délai d’action est court (entre 15 et 30 minutes) et les effets durent plusieurs heures.
- Les modificateurs des sécrétions bronchiques ou fluidifiants. Ils servent à fluidifier l'expectoration. Ils peuvent faciliter le drainage bronchique, quand les sécrétions sont trop épaisses. Ils sont surtout efficaces en aérosols.
- Les antibiotiques : Ils ont pour objet d'enrayer un épisode infectieux bactérien qui peut être à l'origine d'une décompensation respiratoire. Ces poussées infectieuses peuvent être occasionnées par des virus (il n'existe pas de traitement spécifique pour eux, et les antibiotiques sont alors prescrits pour tenter d'éviter une surinfection bactérienne ultérieure) ou par des bactéries qui, elles, sont sensibles aux antibiotiques.
L'antibiotique est sélectionné en fonction de sa diffusion dans le tissu pulmonaire, les bronches et les sécrétions bronchiques ; il est surtout choisi en raison de la sensibilité des bactéries responsables de l'infection. Mais, il est très difficile d'isoler ces bactéries et de les reconnaître du fait de la contamination des expectorations par la salive qui contient de nombreux germes non responsables.
C'est pourquoi, dans un premier temps, votre médecin vous prescrit un antibiotique en fonction de la probabilité de la bactérie responsable ; Ce n'est généralement qu'en cas d'échec de cette première antibiothérapie (dans un délai de 3 à 4 jours) que le médecin envisagera un prélèvement, dans des conditions techniques rigoureuses, pour faire analyser vos sécrétions (étude de la flore bronchique) et tester l'efficacité des antibiotiques (antibiogramme).
Pour une surinfection banale, l'antibiothérapie est prescrite pour sept à quatorze jours : ne raccourcissez pas cette durée. Le résultat sera d'autant meilleur que vous augmenterez la qualité et la fréquence de vos drainages bronchiques (certains antibiotiques récents ne sont prescrits que pendant 3 à 5 jours).
Les antibiotiques peuvent occasionner des troubles digestifs. Ne les arrêtez pas de votre propre chef ! Parlez-en à votre médecin !
Dans les cas difficiles, l'efficacité du traitement peut-être accrue par une ou plusieurs fibro-aspirations bronchiques avec instillation d'antibiotiques.
N'oubliez pas de noter vos allergies à certaines familles d'antibiotiques et de les signaler au médecin.
|
Ce qu’il faut savoir :
Comme nous l'indiquions ci-dessus, les épisodes infectieux peuvent être occasionnés par des virus pour lesquels il n'existe pas de traitement spécifique, mais les antibiotiques sont quand même prescrits pour tenter d'éviter une surinfection bactérienne ultérieure. |
- Les corticoïdes : sont assez rarement prescrits dans l’insuffisance respiratoire. Ils ont une action anti inflammatoire. Ils sont davantage utilisés en aérosols doseurs que par la bouche. Ils nécessitent une surveillance médicale régulière. Il ne faut pas les utiliser sans contrôle médical !
- Les vaccinations antigrippales et anti-pneumococciques aident à prévenir les infections et donc l’aggravation : leur tolérance est bonne à condition de les faire en dehors de toute période de grande fatigue.
- Contre la grippe : elle se fait tous les ans.
- Contre le pneumocoque (bactérie) : elle se fait tous les cinq ans.
- Les médications préventives anti-infectieuses
Ces médicaments agissent un peu comme des vaccins (immuno-modulateurs). Ils aident à se défendre contre tous les types de microbes. Ils sont surtout prescrits 3 à 5 mois durant l’hiver.
- L'almitrine vise à corriger l'hypoxémie des bronchiteux chroniques.
Ce traitement nécessite une surveillance médicale rigoureuse en raison des risques d'effets secondaires possibles (une anorexie, manque d'appétit, fourmillements dans les pieds et jambes, difficulté à la marche pouvant traduire une polynévrite des membres inférieurs).
Il est prescrit tous les jours avec un arrêt d'un mois sur 3 (prise séquentielle).
Attention ! Parmi toutes ces médications disponibles, votre médecin est le seul apte à choisir celles qui sont le plus adaptées à votre cas.
3. Recommandations
Dans tous les cas :
- Eviter
- Les antitussifs,
- Les tranquillisants,
- Les somnifères,
- L'excès de fluidifiants bronchiques (Attention : certains de ceux-ci contiennent des antitussifs).
- Respecter les règles d'hygiène et de diététique
- Arrêter impérativement le tabac et l'alcool,
- Respecter le régime peu ou pas salé (s'il est conseillé par votre médecin),
- Eviter la surcharge pondérale,
- Conserver une activité physique quotidienne,
- Faire une hydratation suffisante (sauf si contre-indication médicale).
- Respecter la prescription médicale
- les doses
- le nombre de prises
- l'horaire des prises sont précisées par votre médecin en fonction de votre cas.
Signaler à votre médecin les éventuelles intolérances à certains médicaments.
Prévoir assez de médicaments lors de vos déplacements (au besoin avoir une ordonnance d'avance).
Demander à votre médecin un rapport médical vous concernant et que vous garderez sur vous.
Enfin et surtout, rappelez-vous que votre médecin est là pour vous conseiller vous aider à comprendre votre traitement, respectez sa prescription !