Votre santé

Incontinence : ne fuyez plus… Parlez-en !

Il y a bien sûr le pipi au lit de l'enfant ou les petites fuites urinaires après un accouchement difficile, mais à tout âge le risque de fuite d'urine existe.

Qui est concerné ?

Près d'une femme sur trois et d'un homme sur dix, ont été handicapés par des fuites d'urine ou risquent de l'être.

Près de 25 % de femmes entre 25 et 65 ans sont concernées avec un pic global de fréquence vers 50 - 55 ans.

Chez l'homme les fuites sont souvent moins abondantes mais gênantes et se manifestent plus tard, vers 65 à 75 ans.

Comment l'incontinence se manisfeste t-elle ?

Ces fuites peuvent survenir lors d'un effort ou par une envie urgente. Elle peuvent être variables en abondance mais la gêne est identique et conduit à ne plus pouvoir sortir de chez soi sans avoir peur de mouiller un siège, ne plus oser danser ou faire de sport…

Les efforts de la vie quotidienne, les quintes de toux, vous rappellent régulièrement cette gêne et cette peur de sentir mauvais.

Que faire ?

Bien sûr il y a les protections, les super garnitures mais ce ne sont que des palliatifs, la vraie solution c'est de comprendre comment éviter ces fuites et comment les guérir. Il faut d'abord en parler.

Malheureusement en France, seulement 30 % des personnes concernées vont consulter leur médecin ou un urologue. À tort, l'incontinence est encore considérée comme une fatalité alors qu'aujourd'hui chaque personne incontinente peut bénéficier d'une solution spécifique.

Dès la plus jeune enfance, apprendre à faire pipi complètement, à ne pas se retenir, permet de protéger la vessie qui est le réservoir et le sphincter qui est son verrou.

Cela permet d'éviter à une vessie de rester trop active et de donner plus tard des infections urinaires fréquentes. Peu de parents le savent mais les enseignants sont aussi concernés et doivent donner aux enfants un accès facile à des toilettes propres.

Les facteurs de risque

Le tabac, l’obésité et le diabète sont reconnus aujourd’hui comme de véritables facteurs de risque d’incontinence.

La consommation de tabac entraîne une modification des tissus qui soutiennent la vessie et la toux chronique du fumeur provoque des efforts répétés sur la vessie.

Il est nécessaire de sensibiliser les jeunes filles aux dégâts que certains sports (en particulier l'athlétisme de haut niveau) peuvent créer sur le périnée. Peu d’entraîneurs en tiennent compte. La solution n'est pas d'arrêter le sport mais d'apprendre, par une rééducation, à muscler son sphincter et à développer les muscles qui soutiennent la vessie.

Après l'accouchement d'un gros bébé il y a risque d'avoir affaibli les muscles qui soutiennent la vessie, la rééducation doit les renforcer avant de rééduquer les muscles du ventre.

Ces lésions seront d’autant plus importantes qu’une prédisposition génétique existe dans la famille. Actuellement des travaux sur les facteurs héréditaires et sur le collagène laissent entrevoir des possibilités préventives, diagnostiques et thérapeutiques, insoupçonnées il y a quelques années encore.

Prévenir, traiter les fuites urinaires, c'est possible mais il faut d'abord oser en parler !